n dépit des recommandations de plusieurs instances constitutionnelles, un grand nombre de médicaments essentiels demeurent hors de prix. Conséquence, une saignée à la fois pour les Marocains et les organismes payeurs. Qui mettra fin à ce système perdant-perdant ?

Faire bénéficier 22 millions de Marocains additionnels d’une assurance maladie n’est pas une mince affaire. Sans doute s’agit-il là du chantier le plus important de l’ère Mohammed VI. Les attentes sont énormes et les moyens à déployer ne le sont pas moins : 14 milliards de dirhams annuels de plus au titre de l’AMO (Assurance maladie obligatoire). Le gouvernement semble déterminé à mener ce projet au pas de charge. Pour s’assurer que l’élargissement des mécanismes de couverture médicale se matérialise sans menacer la pérennité des organismes gestionnaires que sont la CNSS, la CNOPS et les mutuelles privées, le mot d’ordre est le suivant : baisser au maximum les prix des médicaments, un poste de dépense qui, rien que pour le volet secteur public, écluse plus de 2 milliards de dirhams de remboursements pas an. Prenant a priori le sujet à bras-le-corps,…