des cheveux en tourbillon ou encore une petite tache au fond de l’iris. La légende atteste que le sang de ces enfants sert à exhumer les trésors cachés (El Kenz) gardés depuis des lustres par des djinns à qui l’on offre ce sacrifice. Autrefois (les époques ne peuvent pas être précisées), les terres, les puits et les cimetières faisaient office de « banque » pour de nombreuses familles qui venaient y cacher leurs richesses. Ces personnes emportaient généralement leurs secrets dans la tombe et ces trésors disparus à jamais devenaient (selon les dires) la propriétés des djinns. Pour les retrouver, il fallait offrir à ces esprits le sang de ces enfants « zouhris ».Les adeptes de ce genre de croyances finissent par se spécialiser dans la recherche de ces petits anges. Ils se déguisent souvent en mendiants pour observer les paumes des mains qui leur tendent la monnaie et ainsi repérer celui qui leur portera chance. A l’aide d’un croquis indiquant l’emplacement du trésor, ces fkihs (souvent originaires de la région du Souss) localisent la source et lisent des oraisons appelés « Aâzima » à l’aide du « Démiati », la série des 99 attributs de Dieu pour pouvoir éloigner « les propriètaires » du trésor. Durant la cérémonie, l’enfant est égorgé et la direction que prend son sang en s’écoulant, désigne le lieu exact du butin.
Cette pratique macabre continue d’être pratiquée dans une société qui a pourtant fait de grands pas vers la modernité.
Notre société reste encore conservatrice malgré la mutation très profonde que connaît le Maroc. Elle avance selon des traditions relevant de la croyance mystique qui n’a rien à voir avec le réalisme. Certaines visions échappent sérieusement à la raison. Ces pratiques vont à l’encontre du développement et du défi que le pays s’est lancé. Cela montre à quel point la société est schizophrène. Les kidnappings d’enfants deviennent de plus en plus fréquents et les enquêtes restent souvent sans réponse, si enquête il y a …