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vendredi 8 avril 2016

Les Abeilles




   LES ABEILLES




L’abeille domestique, Apis mellifera, est un insecte de l’ordre des Hyménoptères qui comprend plus de 100 000 espèces. Elle appartient à la grande famille des Apoïdes, dont les membres ont pour caractéristiques communes de posséder une longue langue pour recueillir le nectar, de disposer, sur les pattes arrière, d’un astucieux système pour entreposer le pollen et d’être poilus.


L'abeille                         

                                                          
Le corps des abeilles se compose d’une tête, équipée de deux antennes, d’un thorax qui porte deux paires d’ailes et trois paires de pattes et d’un abdomen terminé par un dard. Sur les côtés du thorax et de l’abdomen se situent de façon symétrique dix paires de petits orifices respiratoires : les stigmates. Dans l’abdomen se trouvent le jabot, sorte de poche extensible où l’abeille stocke le nectar et l’eau, et les glandes cirières qui sécrètent la cire pour construire les alvéoles.

Cinq yeux pour une vision panoramique.

L’abeille possède deux gros yeux sur les côtés de la tête et trois petits, appelés ocelles (ou yeux simples), au sommet du crâne. Les grands yeux sont composés de milliers de facettes qui donnent à l’abeille un champ de vision très large pour bien se repérer lors de ses déplacements. En fonction de la luminosité perçue, ils renseignent la butineuse sur l’heure de la journée. Une montre intégrée fort pratique, car il est très important pour les abeilles de rejoindre la ruche avant le crépuscule : elles sont perdues dans l’obscurité.


Les deux antennes sont « le nez et les mains » des abeilles.

Les abeilles respirent par les stigmates mais perçoivent les odeurs grâce à leurs antennes sans cesse en mouvement. Elles possèdent un odorat très performant : elles reconnaissent les odeurs des membres de la ruche et détectent celles des étrangers et des ennemis. Elles perçoivent aussi les senteurs des fleurs. Les antennes servent enfin à explorer l’environnement de façon tactile.

Une bouche bien outillée, pour prélever le nectar, fabriquer le miel ou la cire.

La bouche est équipée de deux mandibules, pièces mobiles qui servent à la mastication. Elle comporte aussi une trompe, ou proboscis, sorte de tube dans lequel coulisse une longue langue bien commode pour aspirer le nectar, élaborer le miel, travailler la propolis ou la cire.

 

Trois paires de pattes avec des « corbeilles » pour le pollen.

La troisième paire de pattes des ouvrières est spécialement équipée pour recevoir le pollen. Sur la face interne, un peigne et une brosse, sur la face externe, des petits réceptacles : les corbeilles. Lorsque l’abeille butine, les milliers de grains de pollen s’accrochent à son corps velu. Avec ses pattes avant, elle repousse le pollen vers les pattes arrière où le peigne de la patte gauche gratte la brosse de la patte droite, et inversement, de façon à former de petites pelotes de pollen qui se logent dans les corbeilles.

Cousins cousines : les bourdons sont des cousins proches des abeilles, les guêpes beaucoup moins.

Le bourdon, ou Bombus, fait partie des insectes pollinisateurs. Insecte social, il construit un nid souterrain. Il n’est généralement pas agressif sauf lorsqu’il se sent en danger. La guêpe n’est pas un pollinisateur : elle nourrit son couvain de chair crue d’insectes. Il en existe plusieurs sortes. C’est un insecte soit social soit solitaire.

La vie de la ruche

Les abeilles vivent en colonie. Elles forment une société très organisée, un peu comme une grande entreprise. Autour de la reine, dont la tâche unique est de pondre et pondre encore, jusqu’à 50 000 ouvrières s’activent avec ardeur. Dans la ruche, seules les quelques centaines de faux-bourdons paressent ! Durant leur existence, les abeilles exercent jusqu’à sept fonctions différentes : nettoyeuse, nourrice, architecte, manutentionnaire, ventileuse, gardienne et butineuse. Mais toutes les abeilles ne suivent pas le même « parcours professionnel » ; certaines brûlent les étapes pour devenir butineuses, alors que d’autres n’accèdent jamais à ce statut.

L’espérance de vie des ouvrières varie selon les saisons : de 30 à 45 jours pour les abeilles au printemps et en été, à plusieurs mois pour celles qui naissent à l’automne et permettent à la colonie de survivre à l’hiver et redémarrer le cycle. Au fur et à mesure de leur existence et de leur maturation physiologique, elles changent de rôle.  

La nettoyeuse garde la ruche propre et en bonne santé.

Au premier jour de sa vie, l’abeille est préposée au ménage. Elle commence par nettoyer les cellules. Le nettoyage général du fond de la ruche est effectué par des abeilles plus âgées, entre 10 et 15 jours.

La nourrice s’occupe du couvain avec patience et constance.

Quand elle atteint 5 à 6 jours, l’abeille est capable de sécréter de la nourriture pour les larves ; elle devient alors nourrice et le reste jusqu’à l’âge de 15 jours. Les nourrices prodiguent des soins attentifs aux larves qui sont alimentées individuellement plus de 1 000 fois et reçoivent 7 000 visites de contrôle.

L’architecte construit les rayons de la ruche.

La construction des rayons est un travail collectif qui demande une grande coordination. Ils sont fabriqués par une chaîne d’abeilles qui sécrètent des écailles de cire. Un ouvrage délicat et épuisant entrepris par des maçonnes qualifiées ayant en général entre 5 et 20 jours, âge où la capacité de production des glandes cirières est optimale.

La ventileuse régule la température de la ruche et bat le rappel pendant l’essaimage.

L’âge moyen des ventileuses est estimé à 18 jours, mais cette fonction est assumée par des ouvrières de tous âges. La ventilation consiste à battre des ailes pour aérer la ruche et contrôler ainsi sa température, son taux d’humidité et son taux de gaz carbonique. Elle sert aussi à assécher le nectar. Lors de l’essaimage, les ventileuses ont pour mission de battre le rappel pour permettre le regroupement de l’essaim.

La gardienne défend la ruche.

Vigile posté à l’entrée de la ruche, la gardienne protège la colonie de ses ennemis. Elle contrôle l’identité des abeilles qui entrent dans la ruche en vérifiant leur odeur, pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’individus d’autres colonies venus piller leurs réserves. Les gardiennes ont entre 12 à 25 jours.

La butineuse est responsable de l’approvisionnement.

Vers l’âge de trois semaines, l’ouvrière peut devenir butineuse et s’envole enfin hors de la ruche à la recherche de nectar, de pollen et d’eau, indispensables à la colonie. Une butineuse effectue une dizaine à une centaine de voyages par jour selon la proximité des fleurs. A ce train d’enfer, elle s’épuise vite et, au bout de quatre à cinq jours, elle meurt.


La reine, mère à plein temps




La reine a pour unique mission d’assurer le renouvellement permanent des membres de la colonie. La pérennité de la ruche dépend entièrement de ses pontes et quelles pontes ! À la belle saison et au mieux de sa forme, une reine pond plus de 2 000 oeufs par jour, soit plus d’un oeuf par minute ! Pour atteindre ces formidables performances, elle est abondamment nourrie de gelée royale et fait l’objet des soins attentifs de sa cour.

La reine présente une morphologie et une longévité différentes des ouvrières.

La reine se distingue des ouvrières par sa taille : elle mesure 18 à 20 mm (les ouvrières 14 à15 mm), son thorax est plus large et son abdomen plus long. Dans de bonnes conditions, elle peut vivre quatre à cinq ans. Confrontée à la dégradation de l’environnement, depuis quelques années, son espérance de vie se réduit de manière préoccupante à une ou deux années seulement.

La reine dispose de cellules spéciales et se nourrit de gelée royale.

La reine est issue d’un oeuf placé dans une cellule spécifique en forme de doigt et qui pend sur le cadre. Les ouvrières en quête d’une nouvelle souveraine laissent éclore la larve et la nourrissent exclusivement de gelée royale, une sécrétion des glandes hypopharyngiennes présentes dans la tête des ouvrières.

La reine est fécondée en plein vol par les faux-bourdons.

À peine née, la reine élimine ses rivales potentielles. Elle repère les cellules royales et y tue les larves ou les nymphes qui s’y trouvent : il ne peut y avoir qu’une seule reine dans la ruche. Au bout de quelques jours, elle s’envole pour être fécondée : c’est le vol nuptial.
La reine connaît plusieurs accouplements avec différents mâles, les faux-bourdons. Lorsque sa spermathèque est pleine, elle retourne dans la ruche, dont elle ne sortira plus.

Les ouvrières forment la cour de la reine.

Quelques jours après sa fécondation, la reine commence à pondre.
Les ouvrières sont issues d’oeufs fécondés, les faux-bourdons d’oeufs non-fécondés, déposés dans des cellules plus grandes. Des ouvrières entourent constamment la reine. Elles veillent sur elle en la nourrissant et la nettoyant constamment.

De l’oeuf à l’ouvrière.

Au bout de trois jours, l’oeuf éclot. Débute alors le stade larvaire. Au neuvième jour, les larves alimentées par les nourrices sont devenues grandes. Les ouvrières ferment alors leur cellule par un opercule de cire.
Quelques jours plus tard, la larve se transforme en nymphe.
Huit jours plus tard, l’ouvrière rompt l’opercule et s’extrait de sa cellule. On nomme « couvain » l’ensemble des oeufs, des larves et des nymphes qui se trouvent dans un rayon.

Les faux-bourdons sont choyés, puis expulsés de la ruche.

Les faux-bourdons (ou abeilles mâles) sont plus trapus, plus velus, que les ouvrières. Ils naissent uniquement au printemps et on en dénombre quelques centaines dans une colonie. Leur rôle est de féconder la reine. Ceux qui y parviennent en meurent : leur appareil génital est arraché lors de la fécondation.
Incapables de butiner, les faux-bourdons puisent dans les réserves de miel de la ruche. À l’automne, quand la nourriture devient moins abondante, les faux-bourdons sont tués ou expulsés de la ruche. Ne sachant pas se nourrir seuls, ils meurent.


La ruche au fil des saisons


La colonie est différente selon les moments de l’année, les abeilles dépendant des ressources que la nature met à leur disposition. En hiver, sans fleurs à butiner alors que le froid sévit, l’essaim vit regroupé au sein de la ruche. Au printemps, quand pollen et nectar abondent, la reine pond, la colonie prend de l’ampleur et élabore du miel en quantité. Pour intervenir au rucher et prendre soin de son cheptel, l’apiculteur doit connaître et respecter les cycles saisonniers des abeilles.

Au printemps, la nature se réveille et la ruche reprend son essor.

Les abeilles sortent de la ruche quand la température extérieure atteint 11 à 12 °C. Elles recommencent à butiner dès les premières floraisons. La reine reprend ses pontes ; peu à peu, de jeunes générations d’abeilles remplacent celles de l’hiver. L’apiculteur profite d’une belle journée pour effectuer la grande visite de printemps. Il vérifie la santé de ses colonies, évalue l’état du couvain, s’assure que les abeilles ne manquent pas de réserves.
Début avril, les butineuses se déploient dans les vergers. Selon l’environnement, la région et les conditions climatiques, l’apiculteur peut installer les premières hausses pour préparer la récolte de miel.

L’essaimage

En mai-juin, c’est la crise du logement ! Les abeilles sont très nombreuses (plus de 40 000) ; les ouvrières élèvent alors des larves de reines. Peu avant la naissance des « princesses », la vieille reine quitte la ruche avec une partie des abeilles et crée une nouvelle colonie : c’est l’essaimage.

En été, les butineuses travaillent avec ardeur, l’apiculteur récolte son miel.

Du printemps au milieu de l’été, les abeilles profitent au maximum des fleurs mellifères pour stocker du miel. L’apiculteur observe régulièrement l’activité de ses ruches, récolte des miels spécifiques ou ajoute de nouvelles hausses si nécessaire.
En août, les jours raccourcissent, les fleurs se font plus rares, la reine réduit considérablement sa ponte, la colonie diminue, les faux-bourdons sont expulsés hors de la ruche. L’apiculteur procède à la dernière récolte de miel et prend ses dispositions pour qu’aucun parasite ou maladie ne mette en danger les colonies.
  • A savoir : 
Les abeilles survivent bien par temps très chaud, mais la chaleur peut quand même perturber leur organisation. Au-delà de 40°, la cire ramollit, et les rayons peuvent s’effondrer. C’est une des raisons qui expliquent que les pays chaud du Moyen orient soient restés fidèles à des ruches horizontales avec des petits rayons beaucoup moins fragiles à la chaleur que les grands rayons suspendus des ruches verticales. Par très grosses chaleur les abeilles doivent donc abaisser elles-mêmes la température, c’est pour cela qu’elles ventilent. Pour améliorer leur travail de climatisation elles vont aussi chercher de l’eau.
Oui, les abeilles ont besoin d'eau. Un rucher doit toujours être à proximité d'une source d'approvisionnement en eau.Une grande partie de l’année la rosée peut suffire. Mais une mare, un étang ou un ruisseau sont les bienvenues, en particulier quand il fait chaud et sec, car les abeilles consomment alors de l’eau pour rafraîchir la ruche. Elles en consomment aussi beaucoup dans les périodes d’élevage intense et de fort développement des colonies, au printemps. Si elles n’ont pas de point d’eau à proximité de la ruche, il faudra en installer un. Par exemple un simple récipient avec de l’eau et un accès facilité par des brindilles, de façon à ce que les abeilles puissent pomper l’eau sans se noyer.
Les butineuses d'eau effectuent une danse afin d'indiquer les sources à leurs congénères.

En automne, les abeilles et l’apiculteur préparent l’hivernage.

En septembre, les premières pluies font reverdir la nature et fleurir les dernières plantes que les abeilles butinent.
La reine reprend sa ponte pour faire naître les abeilles qui traverseront l’hiver.
L’apiculteur profite des derniers beaux jours pour s’assurer que la ruche a des réserves suffisantes pour la mauvaise saison. Dans le cas contraire, il donne aux abeilles un complément de miel ou du sucre de nourrissement.

En hiver, les abeilles se regroupent dans la ruche.

L’hiver, les abeilles restent à l’abri dans la ruche en consommant leur réserve de miel. La colonie est réduite et se serre autour de la reine qui a cessé de pondre. Plus le froid est vif, plus la « grappe » se resserre.
Pour maintenir une température supérieure à 12 °C, les abeilles font vibrer les muscles de leurs ailes. Elles « tournent » pour se réchauffer, passant du centre de la grappe à l’extérieur. L’apiculteur, quant à lui, profite des jours d’hiver pour réparer les cadres, repeindre les ruches, préparer la prochaine saison…

L'abeille, un pollinisateur

La pollinisation désigne la fécondation indispensable à la reproduction sexuée des plantes à fleurs. Elle correspond au transport des grains de pollen produits par les organes mâles de la plante (anthères) vers les organes femelles (stigmates). Le vent, certains oiseaux, certains petits rongeurs mais surtout des insectes assurent ce service. Le petit peuple des pollinisateurs est avant tout constitué des insectes et, pour l’essentiel, des abeilles sauvages ou domestiques.

L’abeille peut visiter 250 fleurs en… une heure !

Une abeille peut stocker sur une seule de ses pattes postérieures 500 000 grains de pollen et visiter en une seule heure 250 fleurs : c’est dire à quel point elle joue un rôlemajeur dans la pollinisation ! Ainsi, sur les 100 espèces de plantes alimentaires les plus cultivées dans le monde, 71 seraient pollinisées uniquement par les abeilles, dont les abeilles sauvages qui, à la différence de leurs soeurs domestiques, sont des insectes solitaires.

Le vent, certains oiseaux, les papillons… tous sont aussi de précieux pollinisateurs.

Dans la famille des pollinisateurs, les insectes sont les champions ! Les papillons, les syrphes et autres mouches, les bourdons, les moustiques… qui se nourrissent de nectar participent activement ainsi à la pollinisation. Certains coléoptères aussi. Mais ce sont surtout les abeilles qui assurent lemeilleur transport des grains de pollen de fleur en fleur.

Les populations de pollinisateurs déclinent chaque jour un peu plus.

Malheureusement, les populations de pollinisateurs, dont les abeilles, sont en nette régression dans les pays industrialisés. L’usage fréquent de pesticides, la disparition de leurs lieux de nidification, tels les haies et les bosquets, et la raréfaction des plantes sauvages riches en nectar contribuent à leur déclin rapide.

Comme les moutons, les abeilles transhument.

Pour pallier le manque d’abeilles dans la nature et avoir de belles récoltes et des produits de qualité supérieure, les producteurs de fruits et légumes font de plus en plus souvent appel aux apiculteurs pour que ceux-ci déplacent leurs ruches et les installent dans leurs vergers ou leurs potagers, au moment de la floraison.
Toutefois bien que rémunérés, les apiculteurs hésitent aujourd’hui à effectuer ces transhumances, notamment pour les champs de grande culture comme le tournesol ou le colza car les abeilles sont dès lors exposées à des environnements parfois dangereux pour leur santé du fait de la présence de produits phytosanitaires souvent toxiques à plus ou moins long terme.

35% de nos ressources alimentaires dépendent des insectes et à 80% des abeilles.

Sans abeilles, notre régime alimentaire deviendrait très monotone. Dans la pire des hypothèses, en dehors des céréales et du riz, il ne resterait plus grand chose pour ravir nos papilles. Sans oublier bien sûr que nous n’aurions plus de miel !


Les plantes utiles aux abeilles, "Mellifères"

Le saviez-vous ? Sur les quelque 4 000 plantes référencées dans l’herbier français, environ 600 sont butinées par les abeilles.
Est dite « mellifère » une plante qui sécrète du nectar ou du miellat, substances à partir desquelles l’abeille fait son miel. Si toutes les plantes à fleurs produisent du pollen, toutes ne produisent pas de nectar, tels la rose ou le géranium. Pour aider les abeilles dans leur collecte, il est essentiel de favoriser la biodiversité en cultivant des espèces mellifères. Choisissez des arbres, arbustes, plantes de massifs ou espèces potagères qui fleurissent au fil des saisons ; ainsi les abeilles auront toujours plaisir à visiter votre jardin.

Des plantes mellifères variées selon les milieux.

Les abeilles savoyardes ne butinent pas les mêmes fleurs que les abeilles provençales, picardes, bretonnes ou parisiennes ! En montagne, les abeilles récolteront le nectar des fleurs de châtaignier ou de bruyère. Sur la côte méditerranéenne, elles se régaleront des fleurs d’abricotier, d’amandier, des lavandes maritimes. Dans les plaines de grandes cultures, telle la Brie, elles visiteront les champs de tournesol et de colza (si les traitements phytosanitaires ne les tuent pas !). Dans les jardins publics des grandes villes, elles butineront les potées d’asters et les fleurs de marronniers ou de paulownia.

Une règle d’or : ne jamais utiliser de pesticides ou d’insecticides, qui tueraient les abeilles !

Si vous possédez un jardin, ou même simplement quelques jardinières sur un balcon ou un rebord de fenêtre, plantez et cultivez des espèces mellifères. Vous participerez ainsi à l’équilibre des colonies et la présence des abeilles favorisera la pollinisation de vos arbres fruitiers et plantes potagères. Mais attention : n’utilisez jamais d’insecticides ou de pesticides, très néfastes pour tous les insectes pollinisateurs, notamment les abeilles !

Les abeilles raffolent des espèces rustiques et des « mauvaises herbes » !

Les espèces rustiques et les fleurs sauvages sont souvent plus riches en pollen et nectar que les fleurs sophistiquées. N’hésitez pas à laisser croître dans une portion de votre jardin les « mauvaises herbes » : pissenlit, ortie, achillée, serpolet, pâquerettes, sainfoin… Vous pouvez aussi semer des mélanges de fleurs des prés, trèfle, réséda, bleuet, coquelicot, luzerne, qui composent de très jolis tapis colorés.

Des arbustes et des vivaces toute l’année pour les abeilles.

Soyez attentifs à planter dans votre jardin des espèces qui fleurissent au fil des saisons, ainsi les abeilles trouveront chez vous le couvert tout au long de l’année. Le choix est vaste : asters, campanules, roses trémières, muscaris, myosotis, arabettes (ou corbeilles d’argent),mélilots blancs, hellébores... et bien sûr les lavandes et les bruyères. Côté arbustes, pensez aux petits fruits, à l’épinette vinette, au houx commun et, si vous l’aimez, au rhododendron. Plantez un cognassier, des troènes, un seringat, un laurier-thym… Sachez que le lierre, la clématite, la glycine, le chèvrefeuille et la vigne vierge aussi sont mellifères.

Les fleurs du potager, sources également de pollen et de nectar.

Les abeilles aiment, comme nous, le verger et le potager ! Elles se régalent entre autres des fleurs des arbres fruitiers et de légumes comme les courges et les tomates ainsi que de toutes les aromatiques : thym, romarin, menthe, sauge, mauve, verveine, bourrache, marjolaine (ou origan), camomille…



L'apiculteur, un passionné

Amateur ou professionnel, l’apiculteur est un amoureux des abeilles et de la nature qui, avec son cheptel, participe via la pollinisation à la sauvegarde de la biodiversité. Activité à 100% écologique, l’apiculture n’est pas aussi compliquée ou contraignante qu’on ne l’imagine. Toutefois, elle nécessite un apprentissage afin de bien connaître les abeilles et d’acquérir des savoirs techniques pour prendre soin des ruches et procéder à la récolte.

Des vêtements couvrants, un chapeau muni d’un voile (la vareuse), des gants et des bottes : tel est l’équipement habituel de l’apiculteur.

Pour rendre visite à ses ruches, l’apiculteur doit revêtir une tenue qui le protège des piqûres des abeilles. Elle doit être blanche de préférence, car les abeilles réagissent de façon agressive aux couleurs foncées. En revanche, le voile sur le visage est en tulle noir ; il permet une meilleure vision que le tulle blanc.


L’enfumoir, outil indispensable : pour éviter les piqûres.

L’enfumoir est une sorte de bocal métallique équipé d’un bec et muni d’un soufflet, dans lequel l’apiculteur fait brûler des combustibles appropriés comme des herbes sèches ou des aiguilles de pins. Le but est de produire une fumée blanche et froide qui désoriente les abeilles et les pousse à se réfugier dans le corps de la ruche, moyen efficace pour se protéger de leurs piqûres.

La visite des ruches se fait par temps sec et sans vent.

Un apiculteur avisé visite ses ruches par temps sec et sans vent. La fin de la matinée d’une journée ensoleillée, quand les butineuses sont de sortie, est un bon moment. Calme, minutie et rapidité sont les qualités requises pour ouvrir les ruches afin de déranger le moins possible la colonie.

La récolte du miel : le fruit du travail de toute une année dans les ruches.

L’apiculteur procède à la récolte du miel quand la miellée est achevée.
1. Il collecte les hausses.
Dans un petit rucher, la collecte des hausses s’effectue cadre par cadre. Après un enfumage discret, l’apiculteur ôte les cadres et les brosse pour ne pas emporter les abeilles. Il vérifie que les rayons sont bien operculés. Dans le cas contraire, le miel ne se conservera pas, il convient alors de reposer le cadre dans la ruche.

2. Il désopercule les rayons.
À la miellerie, les rayons sont désoperculés à l’aide d’un grand couteau : il s’agit d’ôter la pellicule de cire qui ferme les alvéoles afin de permettre au miel de s’écouler.

3. Il extrait le miel.
Les cadres sont ensuite placés dans un extracteur qui, par force centrifuge, fait jaillir le miel hors des alvéoles sans abîmer les rayons. Ces derniers pourront ainsi être réinstallés ultérieurement dans la ruche.

4. Il filtre et laisse maturer le miel.
Le miel obtenu contient des impuretés (petits débris de cire ou de propolis, pattes ou ailes d’abeilles, boulettes de pollen). Pour les ôter, l’apiculteur filtre le miel avant de le placer dans un maturateur, une cuve où le miel repose à température constante (entre 20 et 25°C).

5. Il met le miel en pot.
Au bout de quelques jours de maturation, les dernières impuretés sont remontées en surface. Elle forment une écume que l’apiculteur retire avant de procéder à la mise en pot.

Le miel et les produits de la ruche

Le miel est un produit naturel que l’homme, malgré toute sa technologie, ne sait pas fabriquer. En plus de ses qualités gustatives, il possède des vertus bienfaisantes et thérapeutiques. Il existe une grande diversité de miels dont la variété des saveurs, couleurs et textures reflète les parfums des terroirs où les abeilles butinent. L’apiculteur peut aussi récolter dans ses ruches d’autres substances précieuses : les pelotes de pollen, la propolis, la cire et la très rare et chère gelée royale.

LE MIEL

Des sels minéraux, des vitamines et des oligo-éléments.

Substance sucrée à la saveur incomparable, le miel contient des sels minéraux, des vitamines et autres oligo-éléments qui lui confèrent un intérêt nutritif bien supérieur à celui des sucres raffinés de canne ou de betterave.

Des miels variés pour les gourmets.

Quand les miels sont issus du nectar d’une espèce végétale unique ou prépondérante, on les qualifie de monofloraux. Les plus connus sont ceux d’acacia, de lavande, de châtaignier ou de bruyère. Les miels polyfloraux, dits « toutes fleurs » ou « mille fleurs », mélangent les nectars de diverses espèces végétales.

Des vertus médicinales reconnues, utilisées en apithérapie.

Au Ve siècle avant J.-C., Hippocrate, célèbre médecin grec, prescrivait du miel pour lutter contre la fièvre et les infections respiratoires, soigner les blessures cutanées, les brûlures d’estomac et ralentir les effets du vieillissement. Aujourd’hui, les vertus anti-bactériennes, anti-inflammatoires, anti-oxydantes, antiseptiques et cicatrisantes du miel sont scientifiquement prouvées. Ses propriétés adoucissantes sont aussi reconnues et mises à profit dans le domaine des cosmétiques.
 

Bien conserver le miel.

Pur produit écologique, le miel est un aliment dont les propriétés se dégradent dans le temps. On conseille de le consommer dans les deux à trois ans qui suivent sa récolte. Le miel se conserve dans un endroit tempéré, jamais au réfrigérateur : le froid le dénature.

LES AUTRES PRODUITS DE LA RUCHE

Le pollen : un stimulant des défenses immunitaires.

Fortifiant exceptionnel, le pollen permet de lutter contre les infections et la fatigue. Il est recommandé aux convalescents.

Peut-on consomer du pollen, si en parallèle on est allérgique au pollen ?
OUI - Pour y répondre : Un extrait du livre « Les remèdes de la ruche », du Professeur Roch Domerego " Chaque printemps provoque de nombreuses manifestations allergiques telles que le rhume des foins dont les symptômes les plus gênants sont : difficultés respiratoires, démangeaisons, nez qui coule, yeux larmoyants… Cause majeur de ce désagrément, les pollens anémophiles (transportés par le vent). Paradoxalement, les pollens entomophiles (transportés par les insectes), dont la majorité des allergènes ont été détruits par les enzymes salivaires des abeilles, permettent de résoudre ces réactions allergiques. On peut donc opérer une désensibilisation progressive au pollen en consommant ……du pollen…

La propolis : un antibiotique naturel

Sorte de mastic fabriqué par les abeilles à partir de résines végétales, la propolis a fait preuve de son efficacité dans le soin des maladies bactériennes, notamment celles touchant la sphère ORL (angines, sinusites, otites).

La gelée royale : un revitalisant exceptionnel.

Substance blanchâtre au goût âpre, la gelée royale est difficile à obtenir, d’où son prix assez élevé. Elle a des vertus revitalisantes remarquables et permet de retrouver une belle énergie tant physique que psychique.

 

La cire : bougies, rouge à lèvres et encaustique.

Du temps de l’éclairage aux chandelles et avant l’emploi de la paraffine, la cire était très prisée. À l’heure actuelle, elle entre dans la composition de produits de traitement du bois et de certains cosmétiques, dont les bâtons de rouge à lèvres. Mais on trouve toujours des bougies artisanales à la cire d’abeille.
  

Les abeilles en danger

En France, depuis une trentaine d’années, les populations d’abeilles diminuent. Ce phénomène touche d’autres pays d’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. Cette surmortalité alarmante s’est accélérée depuis le milieu des années 1990, des ruchers entiers ont été dévastés en quelques années. Les causes de ce désastre ? L’usage intensif de produits phytosanitaires, qui intoxiquent les abeilles, favorise en diminuant les défenses immunitaires les infections parasitaires, dont le redoutable varroa. Et l’apparition d’un nouveau et terrible prédateur, le frelon asiatique.

Des intoxications massives et brutales, dues à certains produits chimiques.

L’agriculture intensive a généralisé les engrais et les substances phytosanitaires (fongicides, insecticides, herbicides).
Pour préserver les abeilles, l’utilisation de ces produits pendant la floraison des grandes cultures a été interdite dans les années 70. Mais, en 1995, apparaissent les insecticides systémiques neurotoxiques, qui se diffusent dans toute la plante au fur et mesure de sa croissance, y compris dans les fleurs que butinent les abeilles. Confrontées à des résidus même infinitésimaux, celles-ci sont désorientées, se refroidissent et ne retrouvent plus leurs ruches. Leur système immunitaire étant affaibli, elles peuvent aussi développer des maladies neurodégénératives qui entraînent la mort en quelques jours.

En 1999 pui 

Des maladies contagieuses et des parasites, qui se propagent rapidement.

Comme tous les êtres vivants, les abeilles peuvent être victimes de maladies plus ou moins graves, comme les loques, qui s’attaquent au couvain. Depuis trente ans, les apiculteurs constatent une recrudescence de ces maladies qu’ils ont de plus en plus de mal à soigner, même lorsqu’il existe des traitements adaptés.


Le varroa : un véritable vampire des ruchers.

Le varroa est un acarien visible à l’oeil nu, qui est passé de l’abeille d’Asie, Apis Cerena à notre abeille européenne Apis Mellifera au début des années 1980. Depuis, ce parasite a gagné la totalité des départements français et il provoque des dommages considérables dans les ruchers qu’il infeste. Il s’attaque aux ouvrières et bourdons adultes, mais également aux larves. La femelle varroa très prolifique pond ses oeufs dans les cellules de couvain, ainsi les jeunes parasitent les larves pour se développer à leurs dépens.
 

Le frelon asiatique : un terrible tueur d’abeilles.

Depuis peu, une nouvelle espèce de frelon, le frelon asiatique (Vespa Valutina) se propage à toute allure. Importé de Chine dans des poteries, il est arrivé en 2004 et on constate sa présence aujourd’hui . Particulièrement agressif, y compris à l’égard de l’homme, s’il est dérangé, c’est un épouvantable prédateur pour les abeilles dont il aime se régaler. Une dizaine de frelons en vol stationnaire suffisent à décimer une colonie en quelques jours. 

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