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dimanche 12 avril 2015

Le génocide des Arméniens dans l'empire ottoman

1. La communauté arménienne menacée
a. Les massacres de 1894-1896


À la fin du 19 ème siècle, la Turquie fait encore partie de l’Empire ottoman, dirigé par le sultan Abdulhamid II



 qui règne avec despotisme et férocité. L’Empire compte une importante minorité d’Arméniens ; ils sont environ 2 millions.

Opposé à la volonté des Arméniens de moderniser les institutions, le sultan engage le massacre de plus de 200 000 d’entre eux entre 1894 et 1896. Face aux pressions de l’Occident, le sultan fait cesser la tuerie mais se réjouit de la réduction du nombre d’Arméniens en Anatolie. Pourtant, les persécutions ne s’arrêtent pas dans le pays. De nombreux Arméniens choisissent de fuir plutôt que de subir un nouvel épisode tragique.





b. Le gouvernement des Jeunes-Turcs
En 1909, le Comité Union et Progrès, également appelé « Jeunes-Turcs », arrive au gouvernement au terme d’une révolution contre le sultan Abdulhamid II.


Les Arméniens croient beaucoup en l’avenir de ce mouvement et à une démocratisation du régime. Mais les Jeunes-Turcs développent un fort nationalisme : ils désirent former un État racialement homogène. Selon eux, l’Empire ottoman doit retrouver sa véritable nature turque, sa « turcité ». De plus, les Arméniens sont vus comme des traîtres, potentiellement alliés aux ennemis de l’Empire comme la Russie, dont l’influence s’accroît dans le Caucase.


Le gouvernement des Jeunes-Turcs s’en prend donc aux minorités, tels que les Grecs, les Juifs et les Arméniens, par des campagnes de boycott des commerces. En 1909, il entame même un massacre pré-génocidaire à Adana et en Cilicie. Les Arméniens choisissent à nouveau de prendre le chemin de l’exil.
2. Un massacre organisé
a. L'étincelle
En 1914, l’Empire ottoman, allié de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie, s’engage dans la Première Guerre mondiale. Mais ses troupes sont rapidement mises en difficulté, tout particulièrement contre les Russes à Sarikamish au mois de décembre. Les défaites militaires ne font qu’attiser les ressentiments vis-à-vis des Arméniens. Pourtant, ces derniers combattent avec loyauté dans l’armée ottomane.

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Le 7 avril 1915, suite à un soulèvement, les Arméniens proclament leur gouvernement autonome dans la ville de Van. Cet événement met le feu aux poudres : les Jeunes-Turcs entament la concrétisation de leur projet d’épuration ethnique. Ils décident d’éliminer les Arméniens vivant dans l’Empire.

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Le 24 avril 1915, le massacre commence : des notables et des intellectuels arméniens de Constantinople sont arrêtés et assassinés. Sont ensuite visés les militaires arméniens. La tuerie s’élargit rapidement à l’ensemble de la population arménienne des provinces orientales. En septembre, ce sont tous les autres Arméniens de l’Empire qui sont dans le viseur du gouvernement : on peut alors parler de génocide.


bLa déportation et la mort

Les méthodes du génocide sont variables : alors que certains groupes sont exécutés sur place, d’autres groupes sont déportés vers Alep, en direction du Sud, pour travailler. 



Encadrées par l’armée, la gendarmerie ou les Jeunes-Turcs, les communautés arméniennes arrêtées sont déplacées sous le soleil écrasant de l’été, sans eau et sans nourriture. 


Des viols et des mutilations sont pratiqués sur les détenus. Des jeunes filles sont vendues et converties de force afin d’être mariées. Certains convois sont directement abattus par les populations locales qui croisent leur passage comme les Kurdes. Les survivants sont réunis dans des camps de concentration, en plein désert, où ils ne tardent pas à mourir.



 

Le génocide ne s’arrête pas brutalement. Si le moment crucial de la tuerie des Arméniens a eu lieu en 1915 et 1916, l’extermination se poursuit jusqu’à la fin de la guerre. Entre avril 1915 et juillet 1916, les déportations ont causé la mort des 2/3 des Arméniens vivant dans l’Empire ottoman, soit plus d’un million de personnes. Le génocide des Arméniens est le premier génocide du 20 ème siècle.
L'essentiel :
Dans l’Empire ottoman, les Arméniens constituent une importante minorité. Accusés de traîtrise avec l’ennemi et de gêne pour l’unicité raciale du pays, ils deviennent les victimes du premier génocide du 20 ème siècle.
Cette extermination, organisée par le gouvernement des Jeunes-Turcs, cause la mort de plus d’un million d’Arméniens entre 1915 et 1916.

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